Les révisions des estimations mensuelles de l'emploi salarié sont censées être de moyenne à peu près nulle. Sur les quinze derniers mois, douze sont allées à la baisse, plusieurs de façon marquée.
L'explication la plus probable n'a rien de spectaculaire : le modèle dit de créations-défaillances, qui impute les emplois créés par des entreprises trop récentes pour figurer dans l'échantillon, est calibré sur des taux de création et de disparition d'entreprises qui ne correspondent plus à la réalité.
Un modèle qui se trompe dans le même sens pendant un an n'est pas un modèle bruité. C'est un modèle biaisé.
L'enjeu dépasse l'hygiène statistique. La première estimation fait bouger les marchés et oriente le commentaire de politique économique. La révision, trois mois plus tard, ne fait plus rien bouger : elle a alors déjà été supplantée deux fois.
La correction est méthodologique et lente. En attendant, la statistique économique la plus suivie au monde est systématiquement optimiste au moment précis où elle est le plus suivie.




