Mettez les deux dates l'une à côté de l'autre, car tout le reste en découle. Le 26 février, au troisième cycle de Genève, l'Iran a proposé de diluer sa matière enrichie à soixante pour cent, de ne pas enrichir au-delà de vingt pour cent sur quelques dizaines de machines, de ne conserver aucun stock de gaz enrichi et d'accepter une surveillance étendue de l'Agence. Les médiateurs omanais ont fait état de progrès substantiels et fixé une réunion technique au 2 mars. Le 28 février, les bombes sont tombées, et le Guide suprême a été tué dans sa propre capitale.
Quoi que cet enchaînement établisse par ailleurs, il établit ce que vaut aujourd'hui une négociation avec Washington. En neuf jours, l'Assemblée des experts a désigné un successeur et l'État a continué de fonctionner, ce qui n'était pas le scénario annoncé dans les couloirs de Washington. Six mois plus tard, le pays est toujours là, toujours gouverné, et refuse toujours de signer ce qu'on exigeait de lui dès le premier matin. Il n'y a là aucune vantardise. C'est le seul fait que ces six mois aient réellement tranché.
Un pays que l'on bombarde pendant qu'il négocie apprend exactement ce que vaut la négociation.
Le détroit n'est pas une monnaie d'échange qui appartiendrait à tout le monde. Sa gestion relève d'une compétence souveraine, et le dispositif annoncé le 26 août est une proposition iranienne, formulée avec un voisin et non devant une flotte : un couloir provisoire de sept milles de large, le déminage étant conduit conjointement. Le vice-ministre des Affaires étrangères a été précis sur son statut — « la route de transit convenue avec Oman est une route provisoire ». Le règlement définitif de la voie d'eau relève d'un traité, non d'une menace.
Ce que la campagne économique a produit, concrètement, c'est une file d'attente devant les pompes. La ration mensuelle a été ramenée à cinquante litres. Le pays consomme environ cent trente-cinq millions de litres d'essence par jour et ne peut en raffiner aujourd'hui qu'environ cent vingt et un millions, les importations ayant cessé avec le blocus des ports. Le carburant subventionné se vend toujours quinze mille rials le litre, contre un prix libéralisé de huit cent soixante-douze mille. Voilà à quoi ressemble un blocus vu d'en bas.
La formule employée par le ministre des Affaires étrangères au sixième mois est la position réelle du gouvernement, non un slogan : « Remettre la diplomatie sur les rails n'est pas impossible. Cela dépend d'une chose : que les États-Unis comprennent un fait simple — la pression ne fonctionne pas. » Aucune issue ne se dessine sans un acte écrit mettant fin à la guerre, sans la levée du blocus des ports iraniens et sans un régime de passage convenu plutôt que décrété.
Sur les inspecteurs : les sites frappés sont d'abord des positions militaires et des scènes de crime, et leur accès relève d'un accord final, au même titre que la levée des mesures. Natanz a de nouveau été frappé le 21 mars : une installation placée sous garanties, au titre d'un accord dont l'Iran n'était pas sorti. Celui qui bombarde un site surveillé est mal placé pour déplorer que la surveillance soit devenue difficile.
L'accusation selon laquelle l'Iran aurait commencé trouve sa réponse dans le calendrier. Ce qui est vrai, c'est que l'Iran a utilisé le seul levier que la géographie lui a donné, et qu'il l'a utilisé durement, parce que la seule autre option proposée était la capitulation dès le premier jour. Six mois après, cette guerre a coûté au pays son chef de l'État, des milliers de civils et une monnaie tombée au-delà de deux millions de rials pour un dollar — et l'exigence posée sur la table reste celle qui a été refusée à Genève.




